Le programme européen Copernicus offrait un accès libre aux images prises par ses satellites. Ce n'est dorénavant plus exactement le cas pour ce qui est observé au-dessus du Moyen-Orient.

© Y'alax / Shutterstock
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La guerre menée par les États-Unis contre l'Iran a entraîné de nombreux problèmes, notamment dans la fourniture non seulement d'hydrocarbures, mais aussi de gaz nécessaires à la production industrielle comme l'hélium. Mais ce ne sont pas là les seuls conséquences. Washington a ainsi depuis déjà plusieurs mois imposé des limites de diffusion d'images satellites de la région à ses grandes entreprises comme Planet Labs ou Vantor. Et l'exécutif américain a obtenu de l'UE qu'elle contraigne elle aussi la diffusion de ce genre d'images.

Washington obtient un délai de publication des images satellites prises au-dessus du golfe d'Oman et du détroit d'Ormuz

Copernicus est le nom du programme européen d'observation de la Terre, coordonné par la Commission européenne et l'Agence spatiale européenne. Sa politique est d'offrir des données gratuites et ouvertes obtenues par ses satellites. Une politique qui se voit affligée aujourd'hui d'une exception.

En effet, à la suite d'une demande des États-Unis en date du 26 mai dernier, le Conseil de l'UE a décidé de différer de 24 heures la diffusion d'images obtenues par ses satellites Sentinel-1 et Sentinel-2, sur une zone de près de 100 000 km2 au niveau du golfe d'Oman.

Une décision qui passe mal en Europe

Le Conseil de l'UE justifie cette décision, mise en place « pour faire en sorte que les produits ne soient pas utilisés par des États tiers ou des acteurs non étatiques d’une manière qui puisse constituer une menace pour les intérêts de l'Union et de ses États membres dans la région ou pour ceux de leurs alliés. »

Il faut noter que si les États-Unis s'appuient sur leurs propres satellites dans leurs opérations contre l'Iran, ce pays lui s'en remet aux satellites chinois pour les siennes. Les images obtenues via le programme Copernicus sont ainsi surtout utiles aux chercheurs et aux journalistes, qui, dans le cas d'espèce actuel du conflit au Moyen-Orient, peuvent s'appuyer sur ces clichés pour vérifier les informations communiquées par les États-Unis ou l'Iran relatives à des frappes ou des mouvements militaires.

On n'est donc pas étonné de la réaction de l'Observatoire du conflit et de l'environnement (Ceobs), qui « dénonce une évolution extrêmement préoccupante pour tous les chercheurs indépendants qui suivent cette guerre, en particulier à un moment où le contrôle exercé par les médias et les responsables politiques américains s'est affaibli. »

Source : Le Marin